Art Vidéo / D'une Dérive à l'Autre.

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Art Vidéo  / D'une Dérive à l'Autre.

Art Vidéo Installation
Installtion : Projection DVD en boucle. Des bateaux, un sac poubelle, du sable, un roché, du fil barbelé...
Durée : 7 mn
Année : 2003

Voyant l’écume de la mer, les gens l’ont prise pour de la bière
Quand la mer sera soûle, je lui offrirai mon verre
Le bateau à pris le large, l’avion a gagné le ciel,
Ma chance a été avalée par un poisson qui habite la mer.
Cheikha Rimitti (la diva du raï)

« Qui, mieux que la mer, auraient pus m’accueillir dans ses bras et me faire léger par-dessus les vagues ».

Ce "Journal vidéo" d’une dé-rive à l’autre, rend hommage à l'audace de ces hommes, femmes et enfants, qui partent depuis l'Afrique et d'autres horizons, et laissent derrière eux leur famille, leur vie, leur passé et leur histoire, pour tenter de se réinventer un autre futur, un rêve où l'espoir est leur raison de vivre. Alors, supporter leur périple d'une rive à l'autre, et survivre à leur traversée de la méditerranée est pour eux, les damnés de la terre, non pas un objectif mais une mission de survie salutaire où la frontière entre la vie et la mort est si mince, trop insignifiante, tellement banale.

Dans ce va-et-vient incessant, fragiles et légers comme des petits bateaux qui "flottent" entre deux rives, à l'image des vagues qui s'échouent sur les rivages de la méditerranée, d'une dé-rive à l'autre nous invite à s'interroger sur une autre page de la "Nuit Coloniale" Bleu Blanc Tache sang … qui nous renvoie des échos de chaos d'un autre drame (images et documents d'archives de la guerre d'Algérie) d'un profond malaise et traumatisme, celui du mouvement des "Harkis" et des "pieds-noirs", ces colons de souches qui croyaient naïvement qu'ils étaient en terre natale mais qui découvrent un beau matin de juillet 1962 (Indépendance de l'Algérie), dans l'amertume et le déchirement, qu'ils étaient étrangers à cette terre et au peuple qui compose la quasi-majorité de sa société.

* De 1993 à 2003, plus de deux mille personnes candidats à l'émigration clandestine sont mortes noyées aux frontières de l’Europe, dans le détroit de Gibraltar, frontière entre la liberté et la mort.