30.04.2009

Exposition "Sutures"

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un pas vers l´inconnu

Voyage au bout de ce qui fut un rêve, une espérance, un pas vers l´inconnu pensé comme chaleureux et qui m´attend les bras ouverts. Je n´ai laissé aucune trace derrière moi, à peine un souffle, des pensées, quelques unes de mes ombres sur les murs défraîchis sur lesquels ma vie s´est appuyée pour continuer à exister quelque part, en moi peut être seulement. Il ne reste rien, si ce n´est le sentiment que je n´abandonne rien puisque le rien a été ma vie.

Parti il y a longtemps, j´ai navigué sur des bateaux de papier, de carton ou des avions auxquels mes rêves donnaient des ailes. Et puis je me suis aperçu que j´avais des pieds, que les pieds ne sont pas des racines, que l´homme n´est pas un arbre, que ses jambes le mènent partout où il peut trouver son bonheur. Celui-là avait pour couleur celles des yeux ou des lèvres que je dessinait en mordillant les miennes, la nuit, couché sur le côté pour les cacher au fond de ma poitrine tels des moineaux tombés du nid, des branches d´étoiles et les creux de lune dont la lumière me couvrait d´une cruelle froidure.

Je n´ai rien aimé, même pas moi-même pour ne pas faiblir, garder les yeux ouverts, aux aguets, scrutant l´horizon, sa ligne de fuite, les mots qu´ils me disait. Ma vie est une impasse si les impasses ont une vie.

J´ai traversé l´Afrique, le Mexique et l´Asie en container, à pied, noyé dans la respiration des autres, englué dans les songes, le dos brisé, la gorge sèche, le courage enveloppé dans de faux papiers.

Je n´ai jamais pleuré car les larmes, il faut aussi les économiser. On m´a arrêté, questionné, trompé, volé, mais j´ai continué à courir le long des rives, sur les dunes, les rochers, coupant à travers les dangers, la haine des regards pour protéger mon dernier souffle et un peu de cette ombre qui me protège.

Sur les registres, je n´existe même pas sous forme de virgule, de point, d´interligne. Cette assurance est le sauf conduit qui me mènera au delà de moi-même sur les territoires interdits, offerts aux autres qui m´ouvrent les bras ou me refusent sans rien connaître de moi, des murs sur lesquels se tissent les rêves et les chansons de départ tristes ou joyeuses, toujours tendres. La tendresse, c´est ce qui sauve lorsqu´on n´a rien d´autre à offrir à sa faim.

Je veux vivre dans vos yeux, à vos cotés, vous tenir la main et chanter avec vous même si je ne connais aucune des musiques de vos cœurs.

Si je devais mourir sur le pas de votre porte, dans votre rue, sur la plage  de vos vacances, je voudrais que vous sachiez que je vous offre mon soleil. Tout le soleil que vous souhaitez. Je vous l´apporte á domicile. J´en ai eu plus que ma part sur les chemins de ce monde coupé en tranches, barbelé de partout où l´homme des murs a pour pays une paire de chaussures trouées.

Un jour elles seront clouées sur une planche, exposées en public, prêtées aux Martiens pour la grande rétrospective terrienne sur la Liberté. 

Hamid Skif pour l´exposition "Sutures". Hambourg, Le 6 Avril 2009

 

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Régénérescence

Après Trans-Fusion, Sedjal Mustapha poursuit sa quête et nous renvoie ses visions et son rapport au monde. Avec « Sutures », l'artiste récidive avec son thème favori : l'homme en perpétuelle régénérescence, décliné sous les mêmes formes d'expression : le dessin, la peinture, la vidéo. Une variation sur le même thème.

Dans cette nouvelle installation introspective exposée, le peintre révèle les multiples sutures que subit l'homme dans son environnement. Des sutures qui renvoient au déracinement-ré-enracinement pour une renaissance toujours possible malgré les cassures, les blessures et les plaies.

A travers les corps mutilés, les fausses greffes et la mort, c'est de la vie qu'il s'agit. La vie sans cesse renaissante malgré les péripéties, les pérégrinations et les chemins tortueux parfois dangereux où des hommes frôlent la mort à chaque instant comme ses « harragas », « coupeurs de mers » qui même s'ils échappent parfois à la mort au creux des vagues vivront traumatisés, portant à vie la trace, l'empreinte de cette blessure que leur corps aurait subi.

 Dans cette plaie qu'est la mer pour la terre, ils subiront le baptême de mort dont certains n'en sortiront jamais.

 Et comme dans tout exil, l'exilé, laisse une partie de soi et acquiert une autre part en s'insérant et en s'intégrant à son nouvel environnement. Il se greffe tel l'arbre même s'il perd une partie de ses racines, il s'enracinera à nouveau.

C'est cette tourmente de la terre et des corps ... et des esprits que l'artiste explore. Tourments de corps incorporels, déconstruits, déstabilisants pour la vision mais souffle d'une inspiration intérieure d'une douloureuse expérience.

Ici, l'artiste n'est ni l'origine ni la fin de l'œuvre mais un maillon révélateur d'une absurdité éphémère. Son corps est l'ici et l'ailleurs. L'arbre greffé et les racines de là-bas. Un point de suture possible ....

S Azzedine, Avril 2009

29.04.2009

Exposition " Sutures "

Du 23 avril au 24 mai 2009 à l'Espace K, Galerie d'Art Contemporain. Ouverte du mercredi au dimanche /14h - 19h ou sur rendez vous. 6 rue de la grange-aux-belles - Paris 10ème. Tél : 09 51 39 01 99
M° Jacques Bonsergent ou République
www.espacek.com

Après « Trans-Fusion » : sa première collaboration avec l’espace K, Mustapha SEDJAL, poursuit son errance
artistique et personnelle.
Sa nouvelle exposition intitulée « Sutures » est composée de plusieurs médiums tels que peinture, dessin ,
installation et vidéo.
L’artiste récidive avec son thème favori : l’homme en perpétuelle régénérescence.

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Texte de Hamid SKIF.

Voyage au bout de ce qui fut un rêve, une espérance, un pas vers l´inconnu pensé comme chaleureux et qui m´attend les bras ouverts. Je n´ai laissé aucune trace derrière moi, à peine un souffle, des pensées, quelques unes de mes ombres sur les murs défraîchis sur lesquels ma vie s´est appuyée pour continuer à exister quelque part, en moi peut être seulement. Il ne reste rien, si ce n´est le sentiment que je n´abandonne rien puisque le rien a été ma vie.

Parti il y a longtemps, j´ai navigué sur des bateaux de papier, de carton ou des avions auxquels mes rêves donnaient des ailes. Et puis je me suis aperçu que j´avais des pieds, que les pieds ne sont pas des racines, que l´homme n´est pas un arbre, que ses jambes le mènent partout où il peut trouver son bonheur. Celui-là avait pour couleur celles des yeux ou des lèvres que je dessinait en mordillant les miennes, la nuit, couché sur le côté pour les cacher au fond de ma poitrine tels des moineaux tombés du nid, des branches d´étoiles et les creux de lune dont la lumière me couvrait d´une cruelle froidure.

Je n´ai rien aimé, même pas moi-même pour ne pas faiblir, garder les yeux ouverts, aux aguets, scrutant l´horizon, sa ligne de fuite, les mots qu´ils me disait. Ma vie est une impasse si les impasses ont une vie.

J´ai traversé l´Afrique, le Mexique et l´Asie en container, à pied, noyé dans la respiration des autres, englué dans les songes, le dos brisé, la gorge sèche, le courage enveloppé dans de faux papiers.

Je n´ai jamais pleuré car les larmes, il faut aussi les économiser. On m´a arrêté, questionné, trompé, volé, mais j´ai continué à courir le long des rives, sur les dunes, les rochers, coupant à travers les dangers, la haine des regards pour protéger mon dernier souffle et un peu de cette ombre qui me protège.

Sur les registres, je n´existe même pas sous forme de virgule, de point, d´interligne. Cette assurance est le sauf conduit qui me mènera au delà de moi-même sur les territoires interdits, offerts aux autres qui m´ouvrent les bras ou me refusent sans rien connaître de moi, des murs sur lesquels se tissent les rêves et les chansons de départ tristes ou joyeuses, toujours tendres.

La tendresse, c´est ce qui sauve lorsqu´on n´a rien d´autre à offrir à sa faim.

Je veux vivre dans vos yeux, à vos cotés, vous tenir la main et chanter avec vous même si je ne connais aucune des musiques de vos cœurs.

Si je devais mourir sur le pas de votre porte, dans votre rue, sur la plage  de vos vacances, je voudrais que vous sachiez que je vous offre mon soleil. Tout le soleil que vous souhaitez. Je vous l´apporte á domicile. J´en ai eu plus que ma part sur les chemins de ce monde coupé en tranches, barbelé de partout où l´homme des murs a pour pays une paire de chaussures trouées.

Un jour elles seront clouées sur une planche, exposées en public, prêtées aux Martiens pour la grande rétrospective terrienne sur la Liberté. 

Hamid Skif pour l´exposition "Sutures" de Mustafa SEDJAL.

Hambourg, Le 6 Avril 2009.

 

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Texte de S Azzedine

Après Trans-Fusion, Sedjal Mustapha poursuit sa quête et nous renvoie ses visions et son rapport au monde. Avec « Sutures », l'artiste récidive avec son thème favori : l'homme en perpétuelle régénérescence, décliné sous les mêmes formes d'expression : le dessin, la peinture, la vidéo. Une variation sur le même thème.

Dans cette nouvelle installation introspective exposée, le peintre révèle les multiples sutures que subit l'homme dans son environnement. Des sutures qui renvoient au déracinement-ré-enracinement pour une renaissance toujours possible malgré les cassures, les blessures et les plaies.

A travers les corps mutilés, les fausses greffes et la mort, c'est de la vie qu'il s'agit. La vie sans cesse renaissante malgré les péripéties, les pérégrinations et les chemins tortueux parfois dangereux où des hommes frôlent la mort à chaque instant comme ses « harragas », « coupeurs de mers » qui même s'ils échappent parfois à la mort au creux des vagues vivront traumatisés, portant à vie la trace, l'empreinte de cette blessure que leur corps aurait subi.

 Dans cette plaie qu'est la mer pour la terre, ils subiront le baptême de mort dont certains n'en sortiront jamais.

 Et comme dans tout exil, l'exilé, laisse une partie de soi et acquiert une autre part en s'insérant et en s'intégrant à son nouvel environnement. Il se greffe tel l'arbre même s'il perd une partie de ses racines, il s'enracinera à nouveau.

C'est cette tourmente de la terre et des corps ... et des esprits que l'artiste explore. Tourments de corps incorporels, déconstruits, déstabilisants pour la vision mais souffle d'une inspiration intérieure d'une douloureuse expérience.

Ici, l'artiste n'est ni l'origine ni la fin de l'œuvre mais un maillon révélateur d'une absurdité éphémère. Son corps est l'ici et l'ailleurs. L'arbre greffé et les racines de là-bas. Un point de suture possible ....

S Azzedine, Avril 2009

01.04.2009

Exposition "Trans-fusion"

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No man's land

Mustapha SEDJAL, pratique le dessin quotidiennement et constitue ainsi une sorte de carnet de bord, en feuilles détachées, des fragments de figures humaines, des histoires de notre quotidien, à raison d'un Halte par feuille. Puis, dans une seconde phase, il procède au tri de ses dessins et compose ensuite des ensembles indissociables que l'on peut qualifier de « fusions plastique »". Une démarche sous forme d'errance en quête d'images originelles, entre expérience personnelle et vision universelle.

A l'image de leurs embarcations inadaptées, les bateaux en carton, rappellent les bateaux en papier de l'insouciance et de l'inconscience de l'enfance. L'artiste transfigure la réalité pour en révéler la fragilité, l'inconsistance, la légèreté. Parce que la mer ne peut pas séparer les rêves et les espoirs que des hommes, de tous temps, ont affronté les éléments de la nature en quête de nouvelles terres. Aujourd'hui, à l'heure du village global, ces terres qui ont pour nom générique Occident, espace de la société de consommation, ne sont plus des Terra Incognita.

L'installation vidéo «  no man's land » traite du drame et flux migratoire du sud vers le nord. L'histoire des migrations des hommes s'est toujours faite dans la douleur : L'invasion, l'occupation, la fuite, l'exil... ; tel est le scénario de cette éternelle « Tragédie Humaine ». Cette installation nous plonge dans l'univers de ces « harragas » qui pour atteindre un paradis fantasmé, emprunteront le chemin de l'enfer. Les mouvements migratoires du sud vers le nord, rendent exsangues beaucoup de pays africains. Ces derniers déjà vidés de leurs matières premières, voient leur jeunesse, candidate à l'exil alimentaire, chercher un avenir dans les pays du nord.

Que peut l'artiste face aux drames quotidiens des harragas, ces « brûleurs des routes maritimes », qui ne désespèrent pas de rejoindre l'autre rive, l'eldorado rêvé, le lieu de tous les fantasmes et les désirs inassouvis ?

Dire l'indicible du malheur quasi certain qui attend ces jeunes candidats à l'émigration clandestine au creux d'une vague, après une tempête où une soif après une longue insolation.

Dire le dénuement de leurs forces et la fragilité de leurs moyens face à l'adversité de la nature. Dans cette installation, l'artiste cherche, avec des images, des objets, les matériaux qui les composent et leur disposition, à montrer la démesure du défi, de créer un sens et de susciter des sentiments.

Anciennes colonies, les terres du Sud ont été conquises par mer et aux indépendances, les colons les ont quittées pour la métropole par bateaux. Des décennies après, la jeunesse désoeuvrée des anciennes colonies, reprend les chemins qui montent au Nord.

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